De retour d'un grand weekend pascal avec toute la famille à Nice, j'en ai profité pour récupérer une vieille intégrale des vinyles de Brel, histoire de découvrir un peu mieux les chansons du grand loulou.
Lorsque j'écrivais mes premières chansons en français l'été dernier, je dois avouer que je ne connaissais que très peu l'histoire de la chanson française et de ses formidables développements. Comme on ne peut pas être spécialistes en tout, comme disait l'autre, et que je n'étais jusque là qu'un peu spécialiste d'une certaine branche du songwriting texan (la "mouvance Van Zandt" pourrait-on dire, eheh), j'avais quelque peu délaissé les textes et les musiques de ceux qui, il y a quelques décennies de cela, avaient su élever la chanson française au rang des esthétiques poétiques universelles, dans son style propre à elle. Pour ne pas partir dans tous les sens, j'ai décidé l'an passé de me concentrer sur deux symboles de cette poétique là, aux beaux mots et à l'authenticité véritable, à savoir Regianni (reprenant souvent Moustaki) et Barbara. C'est accompagné de leurs mélodies que j'ai notamment écrit Hervé, les Bords de l'Yonne, et quelques autres titres.
De Brel, je ne connaissais que les classiques qu'on écoute sur Nostalgie, sans jamais avoir vraiment porté une oreille attentive à l'univers qu'il avait dessiné. Mon pote Olivier (Ollie Fury, qui enregistre son album à New-York ces temps-ci), m'avait initié aux chansons moins connues de Brel, en reprenant au cours de mes soirées Folk à Bastille, le titre "L'enfance", que Brel interprète dans un des westerns qu'il a réalisés dans les années 70.
A part ça, rien. Avec tout ce qui va se passer sur ma platine vinyle dans les prochains jours, je pense que je saurai un peu mieux vous en parler bientôt. Quelques titres au hasard, parmi ceux que j'écoute depuis quelques semaines avec le plaisir absolu de ceux qui découvrent un monde magique qu'ils ne connaissaient pas :
- Liège
- Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient
- Mon enfance
- Le plat pays
- Voir un ami pleurer
Voilà. Sinon, j'ai donc mis en ligne la semaine passée les cinq titres enregistrés avec Kim Giani ces dernières semaines. L'objectif de ces maquettes est de passer à l'étape de la diffusion de ma musique, de commencer à bâtir un univers qui définirait une identité musicale, et de le proposer aux personnes qui pourraient être intéressées par ce projet. Les choses s'accélèrent fortement ces dernières semaines, depuis l'enregistrement de la cassette Midnight Special Records avec Cléa Vincent (qui a récemment signé chez Polydor, bravo à elle!), l'article des Inrockuptibles sur sa version papier du mois de janvier, et les diverses interviews effectuées pour des webzines (Popnews, Citazine, Klap). Je rencontre ces temps-ci différents professionnels de la musique, auxquels j'explique la démarche de mon projet, les ambitions que j'y place, tout en prenant le temps d'écouter les conseils et les avis de chacun. Et puis bim boum, nous verrons bien.
En parallèle de ce projet en français, j'enregistre les chansons de Texas in Paris en anglais avec Steve Prestage et Stephen Munson, le manager de Swann (qui va enregistrer son album pour Atmosphériques dans les tous prochains jours, yeaaaah!). Deux maquettes sont terminées et seront en ligne bientôt, et trois nouvelles ont été enregistrées cette après-midi : Bobby, Highway Of My Dreams et "Second Lover's Lament", la petite chanson que je trimballe d'une frontière à l'autre depuis trois ans (et que vous avez visionné plus de 5000 fois sur Youtube, ça c'est chouette!). L'objectif est de mener ces deux projets de front, l'un qui pourra me permettre de continuer à chanter à l'international (j'ai hâte de revenir gratouiller du côté de la Norvège, de la Hongrie ou du Pérou), et l'autre afin d'essayer de toucher un public en France, avec l'univers que je souhaite proposer. Les perspectives sont donc excitantes, et quel que soit le succès qui sera réservé à mes chansons, j'aurai le plaisir de pouvoir me lancer dans un drôle de métier, à essayer de toucher les gens par des mots et l'interprétation musicale de leur signification.
On en est donc là ces jours-ci. A composer de nouveaux titres pour élargir le choix de ceux qui seront choisis pour le futur album, à trouver des dates en France pour l'été et la rentrée, et à organiser la petite tournée que je vais faire aux US en août, avec les contacts obtenus par l'intermédiaire de Reverend Deadeye et Possessed By Paul James, deux punkfolkeux ricains que Jérôme Loisy a fait venir à Paris ces dernières années.
Bref. On lit, on danse, on mange. Le résultat des auditions RATP que j'ai passées la semaine dernière va venir, et je saurai si j'ai le droit de venir chantonner mes tunes dans les couloirs du métro ces prochaines semaines. En somme, on se marre bien, en attendant le gros concert du 27 Avril au Bus Palladium.
mardi 10 avril 2012
Le mix de Quitter l’enfance, effectué par Kim Giani, est terminé ! En espérant que le résultat vous plaira !
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Quitter l'enfance
Voici pour vous la seconde vidéo effectuée par Popnews et Citazine. Corentin, Sebastian et moi chantons “Comme la vie est belle”, dont une version est en cours de mixage et sera en ligne bientôt.
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comme la vie est belle
Retour sur la soirée Midnight Special Records
Nous étions donc sur scène ce jeudi soir à l’International pour la grande soirée Midnight Special Records organisée par mon pote Victor Peynichou. Nous avions été programmés en premier, ce qui laisse toujours la petite crainte que les copains qui aiment picoler des Kir avant d’aller swinguer ratent une partie du concert, mais la salle s’est très vite remplie lorsque nous sommes montés on stage.
Pour la première fois depuis que je fais des concerts (Shebeen, avril 2007 pour la première avec Texas in Paris), j’étais accompagné d’une batterie, jouée ce soir par Kim, avec qui j’enregistre ces derniers temps. C’était un peu l’inconnue de la soirée, même si la répétition effectuée deux jours avant laissait présager une nouvelle couleur intéressante dans l’interprétation des chansons en live. Je ne sais pas si cette configuration a plu à tout le monde, mais je remercie en tout cas tous ceux qui sont venus nous faire des retours (souvent enthousiastes) - dorénavant, nous jouerons dans cette formation autant que possible.
Mon frère Corentin a comme d’habitude assuré à la basse, variant entre un jeu de basse country excellemment maitrisé, et des riffs plus subtils que nous trouvions pertinents sur certaines chansons. A la guitare électrique, Benny a également su poser son incroyable dextérité, aux couleurs tantôt western, tantôt rockab. Et à la batterie, Kim s’est éclaté, avec une adaptabilité étonnante (nous n’avons répété qu’une fois), démontrant une fois de plus son immense intelligence musicale. Je vous renvoie ici vers son blog, où il évoque ce petit concert en ces termes élogieux : “J’avais l’impression de jouer dans Palace Brothers”. Ahah.
Des vidéos de ce concert seront disponibles bientôt. Après un peu plus de quarante-cinq minutes de set, et un petit rappel en anglais, nous avons laissé notre place à Freckles et sa folk urbaine endiablée, puis à Llullaillaco, side project de Caandides, qu’on verra au prochain printemps de Bourges.
Un grand merci à tous ceux qui étaient présents à l’International jeudi soir, et puis ben forcément, on commence à faire de la pub pour le prochain concert, qui sera notre plus grosse date à ce jour : Le Bus Palladium, le vendredi 27 avril prochain. On a hâte !
Pour la première fois depuis que je fais des concerts (Shebeen, avril 2007 pour la première avec Texas in Paris), j’étais accompagné d’une batterie, jouée ce soir par Kim, avec qui j’enregistre ces derniers temps. C’était un peu l’inconnue de la soirée, même si la répétition effectuée deux jours avant laissait présager une nouvelle couleur intéressante dans l’interprétation des chansons en live. Je ne sais pas si cette configuration a plu à tout le monde, mais je remercie en tout cas tous ceux qui sont venus nous faire des retours (souvent enthousiastes) - dorénavant, nous jouerons dans cette formation autant que possible.
Mon frère Corentin a comme d’habitude assuré à la basse, variant entre un jeu de basse country excellemment maitrisé, et des riffs plus subtils que nous trouvions pertinents sur certaines chansons. A la guitare électrique, Benny a également su poser son incroyable dextérité, aux couleurs tantôt western, tantôt rockab. Et à la batterie, Kim s’est éclaté, avec une adaptabilité étonnante (nous n’avons répété qu’une fois), démontrant une fois de plus son immense intelligence musicale. Je vous renvoie ici vers son blog, où il évoque ce petit concert en ces termes élogieux : “J’avais l’impression de jouer dans Palace Brothers”. Ahah.
Des vidéos de ce concert seront disponibles bientôt. Après un peu plus de quarante-cinq minutes de set, et un petit rappel en anglais, nous avons laissé notre place à Freckles et sa folk urbaine endiablée, puis à Llullaillaco, side project de Caandides, qu’on verra au prochain printemps de Bourges.
Un grand merci à tous ceux qui étaient présents à l’International jeudi soir, et puis ben forcément, on commence à faire de la pub pour le prochain concert, qui sera notre plus grosse date à ce jour : Le Bus Palladium, le vendredi 27 avril prochain. On a hâte !
Hervé
Hervé, enregistrée par Vincent Le Doeuf et Sophie Severac, à côté du feu de cheminée de l’appartement de mon frangin Corentin Hamon. Hervé il veut se faire la malle à New-Orleans, et New-Orleans, c’est justement là d’où vient Sebastian Beaudreaux, le violoniste que vous voyez derrière Corentin et moi. New-Orleans, c’est aussi là où vit Ignatius J. Reilly, le héros du roman de John K. Toole que je suis en train de terminer en ce moment, et sur lequel je me poile décidément bien.
A noter que Popnews, pour lequel la vidéo a été effectuée (en partenariat avec Citazine), est un webzine que je suis depuis que j’écoute autre chose que du silence en rentrant chez moi le soir, et du coup, c’est comme un sacré honneur d’apparaitre ainsi sur leur frontpage.
Je vous retranscris ici l’explication de texte de la chanson Hervé, que vous pouvez consulter également sur le site de Citazine : http://www.citazine.fr/article/baptiste-w-hamon-le-live
Baptiste W. Hamon nous parle du titre Hervé “C’est la première chanson que j’ai écrite en français, lorsque j’ai décidé de me lancer dans ce nouveau projet au printemps 2011. Hervé, c’est l’histoire du type qui a fait tout plein d’études et qui part bosser en costard tous les matins à la Défense, ou dans n’importe quel bureau parfois un peu affamant, mais qui rêve d’un destin plus large. Il ne sait pas trop, il se barrerait bien à l’autre bout du monde pour vivre un peu, à errer parmi les lieux qui occupent ses rêves, l’Amérique, il trouverait bien un coin d’amour, il prendrait bien le temps pour tout ça, mais le poids des choses de la société est trop grand pour lui. Alors il dit ses rêves tout haut, pour essayer un peu d’y croire, mais il est vite rembarré par ses potes qui le moquent, qui disent que ce sont là des problèmes bien bourgeois qu’il évoque, qu’il est un peu naïf, qu’il faut bien s’adapter au monde, qu’il faut grandir, voilà tout.
Hervé, il est un peu comme tout le monde, il a des rêves, et il aimerait bien que la société lui permette d’accomplir un petit bout de ces rêves là, que le système lui laisse du temps. Il n’est pas politique, Hervé, il comprend juste pas qu’on puisse passer 10 heures par jour au bureau et dans le métro, dans les cantoches tristes en bas des tours, alors qu’il y a tous ces livres à la maison, tous ces gens dehors à rencontrer. La vie file trop vite, il n’en comprend plus le sens. La machine est trop forte pour lui, et lui, avec sa bonne petite éducation, il n’ose pas tout lâcher, il n’ose pas être punk et partir malgré tout là où ses rêves le dirigent. Alors il saute. Ultime pied de nez à la société, il saute. Il ne s’attendait peut-être pas à cela, mais il est heureux de sauter. L’accomplissement, à défaut d’avoir essayé de s’accrocher un peu plus longtemps (mais pour quels résultats ?), il le trouve finalement dans la chute.
Hervé, c’est l’histoire romancée de tous ces gens qui aimeraient un peu de temps pour vivre, qui aimeraient qu’on laisse un peu la place à la réalisation de soi en dehors des cadres d’un travail aux finalités parfois difficiles à cerner. Hervé, c’est lui, c’est elle, c’est une partie de chacun de nous, de moi certainement.”
Les Bords de l'Yonne
Les bords de l’Yonne. Cette chanson fait partie des premières que j’ai écrites en français, au cours de mon stage au Pérou l’an passé. Après six années à gratouiller mes folksongs en anglais dans les bars de France et d’ailleurs (Norvège, Hongrie), j’ai donc décidé à l’été 2011 de me mettre au français, tout en continuant en parallèle mon projet en anglais (voir par ailleurs).
Ecrire en français. Incongruité ? Evidence ? Incongruité sûrement pour commencer, car l’essentiel de mes influences musicales jusque là provenaient de l’autre côté de l’Atlantique (et bien souvent de sous la Mason Dixon line). Comment alors envisager la chanson, le texte, en s’inspirant d’univers poétiques par essence très difficiles à adapter dans une autre langue? D’un pays à l’autre, d’une langue à l’autre, les esthétiques sont différentes, les ressentis, les attentes, et envisager retranscrire l’atmosphère des chansons du Vieux Sud américain dont j’étais fortement imprégné dans ma propre langue me paraissait être une tâche bien complexe. Incongruité donc, et premières difficultés dans l’approche poétique.
Mais en même temps évidence, forcément, évidence car on ne peut revendiquer l’héritage de personnages parmi les plus grands “écrivains de chansons” au monde (Bob Dylan, Townes Van Zandt, Guy Clark, John Prine, Bruce Springsteen, Butch Hancock, etc), et ne faire qu’essayer de les imiter, avec sa propre patte certes, mais dans une langue qu’on ne maitrise pas tout à fait. Il fallait donc s’attaquer au “songwriting à la française”, et tenter de trouver le bon compromis entre l’univers de la chanson américaine et l’esthétique poétique propre à notre bonne vieille langue.
Butch Hancock
Pour cela, j’ai essayé de me former aux normes de la chanson française des années 1960 - 1970, que je ne connaissais que trop peu, en m’imprégnant de textes me semblant s’approcher de ceux de ces mentors sus-cités, de par leur caractère sombre et mélancolique. J’ai donc décidé pendant quelques mois d’écouter en boucle deux de ces chanteurs de la génération de mes parents : Serge Reggiani et Barbara.
Le résultat de ces écoutes prolongées, à Lima, sur les bords du Pacifique, tous les soirs en rentrant d’un boulot qui ne m’enthousiasmait guère (j’étais alors en stage dans le cadre de mes études d’ingénieur), me vinrent assez rapidement, et j’ai ainsi pu écrire mes premières chansons un tant soit peu abouties en français. C’étaient Hervé et les Bords de l’Yonne, dont je vous propose ici une écoute.
Les Bords de l’Yonne retracent l’histoire d’une vie, d’une vie comme une autre, un peu cahoteuse peut-être, d’un individu qui comprendrait ainsi son destin au travers de ses ballades lancinantes le long des rives du fleuve de son enfance. Les choses passent, le temps avance, et avec lui les différentes appréhensions face à ce monde un peu vaste, et qui défile un peu trop vite. Le picking appliqué dans les enregistrements est celui que j’ai emprunté à Townes Van Zandt (voir cette vidéo extraordinaire, pour ceux qui ne la connaitraient pas), et il me semblait intéressant pour la maquette proposée ici d’étoffer l’instrumentation avec un violoncelle et un piano. Kim Giani, qui s’est occupé du mix, a enregistré le piano, et le violoncelle est joué par Marie Tournemouly.
Voili, voilou pour la petite explication. Je file à l’instant répéter avec Ben et Corentin, en vue de notre concert de jeudi qui arrive, 29 mars 2012, à l’International pour la grande soirée Midnight Special Records. En espérant vous y croiser !
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mardi 27 mars 2012
La complainte de l'amant
Petite vidéo tournée en février dernier sur les quais de Seine par Marine Riou. Doux, doux, il faisait doux. On en profite alors pour chantonner Hervé - et puis la complainte de l'amant, adaptation française de ma chanson "Second Lover's Lament".
dimanche 25 mars 2012
Dimanche après-midi, 25 mars 2012. Il fait beau, chaud, le printemps s’avance, l’heure d’été. Je reprends l'écriture de ce blog, sagement, pour évoquer les choses qui passent et qui refluent, les désirs quotidiens, les aspirations, les contours de ces espaces musicaux qui s’avancent déjà. Les enregistrements effectués chez Kim Giani sont terminés, ils sont actuellement en cours de mixage, et feront office de maquettes pour la promotion qui va suivre.
En parallèle, un documentaire de 20 minutes sortira le 5 avril prochain, si tout va bien, filmant ma rencontre musicale avec le groupe Biterrois Cyd Jolly Roger (en écoute ci-dessus).
Les choses avancent, les choses avancent. Je lis John Kennedy Toole, la Conjuration des Imbéciles, c’est très drôle, et j’enregistre en parallèle mes chansons en anglais avec Stephen Munson, le manager de ma bonne pote Swann, qui vient de signer chez Atmosphériques.
Mon actualité musicale devrait s'accélérer, dans les prochaines semaines. Alors voilà. Je raconte ça par là. Et le reste un peu, aussi. Pour rigoler, quoi.
lundi 23 mai 2011
L'étrange soulèvement des visages - lundi matin
J’ai rêvé de Merle Haggard, il était vieux et dans un bar, je ne sais pas ce que j'envisageais là, lui non plus d’ailleurs. Je lui ai dit bonjour de loin. Le réveil est puissant le lundi matin – nous nous souvenons des délires de la veille, que nous n'étions peut-être même pas couché à l’heure qu’il est. La nuit fut marquée par les mouvements incontrôlés de nos muscles qui se tendent puis se relâchent. Les pores de la peau s’étirent doucement et l’arrivée au boulot correspond à l’envie d’aller voir ailleurs. Deezer est plus efficace que Spotify ici, et pour cause, ça ne marche pas à l’étranger, ça bloque après dix jours. On revient aux bonnes manières, et Arlo Guthrie qui lance la semaine. Dans cette entreprise qui vend du gaz, on me demande des choses peu claires avec le théorème de Bernouilli, comme il y a cinq ans à l’époque où l’on y croyait encore, aux concepts de la science. Cela suffit, désormais.
La guerre franco-mexicaine voyait Napoléon III vouloir rattraper l'affaire en Amérique, soixante ans après l’abandon de la Grande Louisiane par le tonton. Fallait soutenir les aristos locaux, rétablir une influence française dans la région, défendre un peu Pie IX.
James Monroe de Virginie avait élaboré sa doctrine au cours de son mandat à Washington en 1823, et affirmé que toute ingérence européenne dans les Amériques serait mal prise par les Estados Unidos. Et puis badaboum, on se fait la guerre aux USA en 1861 après l’élection de Lincoln, ce qui ouvre la voix au débarquement des troupes anglaises, espagnoles et françaises au Mexique, sacrément endetté depuis la guerre perdue face aux US en 45.
En 1861, Napoléon attaque, et nomme peu après Maximilien Ier empereur. Les espagnols et les anglais ne le sentent pas, ils rentrent à la maison. La guerre s’enlise, les hommes de Benito Juarez, premier président indigène de la région, résistent. Ils cherchent à gagner du temps. Quand les gringos auront fini de se battre de l’autre côté du Rio Grande, ils viendront à leur rescousse. Avril 1865. Robert Lee a le ton grave à Appomattox. Benito Juarez se frotte les mains. L’Amérique hausse le ton face à Paris. La menace Prusse en Europe – échec de l’expédition, Napoléon rappelle ses quarante mille hommes. Retour aux affaires de l’Evo Morales de l’époque au Mexique. L’ « archidupe » Maximilien reste en place, persuadé que le peuple l’aime – qu'il n’a pas besoin des troupes françaises. Il est condamné à mort, fusillé comme il faut. Fin de l’aventure.
C'est la faim qui me prend, il est midi passé.
dimanche 22 mai 2011
Rebuts - well done LOSC
Les réclusions forcées qu’ont repris nos errances à travers les rejets de l’opération Diamond – tu chantes, l’enfer, et Marie-Anne qui se désespère. Le prénom d’un gringo mort dans les parages, avec son collègue du Wyoming, c’est Robert Parker et Harry Longabaugh en dernière vadrouille pas loin de La Paz. Cassidy, le Kid. Un dernier butin de mine, une fin avec ou sans gloria et des sombreros qui volent et c’est la fête.
Comme Sir Arthur James Lyon Fremantle, Elisée Reclus a passé quelque temps dans le Sud des bons vieux Etats-Unis, au moment où ça commençait à péter et que le grand Jeff Davies était pressenti. Elisée Reclus, géographe, militant, penseur de l’anarchisme français, bon bougre et pote à Bakounine – parti en exil, bon Dieu, après le sacré coup d’état du Petit en Décembre 1851. Direction ? New-Orleans, Jackson, tout ça. Le Sud. La magie des paysages, simplicité des gens, leur sympathie, et comme Fremantle, paniqué par la domination de ces braves gars sur leurs copains noirs. Elisée Reclus refusait de bouffer de la viande. Son nom s’apparente à un poème de John Keats.
Savoir pourtant que les religions de la terre ne sont pas le rance de leurs épaules. Un peu de magie dans les cœurs pour espérer partir encore un peu plus loin – car on sait bien que c’est pire que la mort ce qui nous sied ici. Et notre fascination pour le délit ne fera qu’alimenter nos souffrances – tu es sûr de toi ? A la Défense dans les tours grises, les mecs se consument comme des clopes. Le mouvement de tes mains qui miment le grand plongeon, je suis sûr qu’il s’agit d’un cinéma orchestré par ce trop grand amour que tu portes aux belles courbes, et qui alors à Lima reprendrait la chanson sensée, la mélodie parfaite ? La poétique absolue je le déclare, ce sont ces larmes, ces grandes larmes, un programme à portes claquées, toujours le dos tourné à ce tableau dépeint comme pour leur faire comprendre qu’ils n’auraient pas dû te foutre là comme ça sans rien, que ça n’avait aucun sens. L'ennui était ton arme.
Le Social Hammer est permanent, comme si le monde était un grand Detroit.
Bénissons ces personnages qui ont connu l’errance, jeté leur dévolu sur la fuite.
mardi 17 mai 2011
Pérou. Salut les gars. Compliqué, quelques mois puis on reprend, on écrit, il y a tous ces projets qui vont et puis reviennent. Des noms, faut voir, les lectures aussi. C'était donc Hemingway la dernière fois, Andrew Jackson, Considerant, Dvorak. Entre temps, j'ai lu Richard Fariña, Been so down it looks like up to me, qui m'a lui même parlé de Oakley Hall, tout est bon. Ici, c'est les élections présidentielles. Ollanta Humala et Keiko Fujimori, fille du père. Plutôt roublard le premier, pas trop pro-gay mais bon chaviste, du coup Dieudo est sous le charme. Dans toute bonne boite de pétrole et de gaz, on se fait du mouron, si ça nationalise d'ici trois mois c'est tout le complexe qui dégage, autant dire qu'on fait la gueule dans les parages.
On va parler du frérot, l'histoire est chouette au Pérou. Antauro Humala est le deuxième fiston de l'ultra-nationaliste Isaac Humala. Il a pas mal bourlingué avec Ollanta sous les yeux du padre, avant de reprendre les théories de ce dernier pour jouer la carte indigéniste para-militaire. Jungle America. Pour Isaac et Antauro, faut lutter fort pour restaurer la suprématie de la "race cuivrée" et reformer l'empire Inca. Avec Ollanta, Antauro chope la Kalachnikov pour lutter contre les UZIs de l'empire (hi 5 Alain Soral) en 2000. Le problème c'est qu'ils n'aiment pas trop ça au Pérou depuis la terreur infligée par les guérilleros du Sentier Lumineux dans les années 70 et 80. Antauro se retrouve en taule avec son frangin Ollanta pour insurrection armée contre le régime d'Alberto Fujimori. Finalement en juillet 2001, Alejandro Toledo est élu président et gracie les deux compères, et c'est Fujimori qui part moisir au Folsom local pour corruption. Trois ans plus tard, Antauro Humala reprend les armes avec ses potes indigénistes dans les Andes, contre l'armée de Toledo. Il retourne en prison, où il est toujours, devenant le martyr du mouvement Ethnocacériste créé par son père en 1970.
Antauro Humala, frère du candidat à la présidentielle péruvienne de juin 2011
Les élections du mois prochains mettent donc en scène deux joyeux copains de taulards : ça va libérer sec dans les geôles tout bientôt. Qui va sortir le premier ? Le frère Humala, qui serait ainsi gracié par Ollanta, moins violent mais non moins radical sur les bonnes vieilles questions de race et de présence de capitaux étrangers sur son sol ? Ou bien le vieux djap' Fujimori, dont la fille pourrait être élue sans programme, simplement sur le nom de son père toujours très populaire pour avoir maté los terroristos du Sentier Lumineux ?
Comme on n'écoute pas beaucoup les versions des gens qui font n'importe quoi avec le trou de balle des autres ces temps-ci, on laisse la parole à Vargas Llosa, le prix Nobel péruvien de l'an passé, qui s'est marié avec sa tante puis a fait trois gosses à sa cousine :
"Dans cette élection il y a le pire et un moindre mal, et pour moi le pire c'est le retour de la dictature d'Alberto Fujimori à travers sa fille"
Vargas Llosa avait perdu au second tour des élections en 1990 face à Alberto Fujimori, un sombre inconnu fils de migrants japonais qui s'était pas emmerdé par la suite avec les courbettes judiciaires pour faire lindy-hoper ses opposants. Keiko Fujimori, sa fille donc, est aujourd'hui créditée de 37% à 39% des intentions de vote, autant que son rival Machu-Picchiste (pour 13% de vote blanc et 7% d'indécis, c'est forcé de voter ici).
Keiko et Alberto
Quant aux riches du Pérou, ceux qu'on croise dans les rues de Lima quand on vit dans les quartiers sécurisés, ils iront voter blanc, ou bien payer l'amende. Leur candidat Pedro Pablo Kuczynski, ancien du FMI, s'est fait lourder de peu au premier tour. Ils évoquent le risque de dictature dans les deux cas, les dangers de nationalisation et d'effondrement de l'économie, les positions ultra-sécuritaires et populistes de Keiko, homophobes d'Humala, l'incompétence de l'une qui pourrait favoriser le retour du méchant père, et la proximité de l'autre avec Evo Morales, Rafael Correa et surtout Monster Chavez. Si il est élu, ça nous fera un bon vieux ceinturon de gauche en Amérique Latine Occidentale. C'est risqué, faut fermer les yeux sur plein de trucs, mais ça peut peut-être se tenter, pour voir.
mercredi 15 décembre 2010
La Mer.
Take it as it comes - reflets dorés d'un océan les yeux rivés sur la ville, les yeux brisés par les rues grises, aux prunelles plus profondes encore pourtant que chacun des creux alcalins de Paris.
Prendre des milliers de choses dans les mains pour les lancer plus loin, au dehors de l'espace qu'on nous impose, comme pour affirmer notre sainte humanité, fuyez, fuyez, dépravons-nous plus loin Phily et Aude, aimons-nous pour de vrai !
Mais est-ce là ton rôle ? Faux bordels de ton âme, ils pourraient bien te prendre pour un fou, un criminel comme tu le souhaites, un partisan des larmes, mais ils ne verront pas la noblesse de ton combat ! Qui observe, félon, tes gestes de pantin, qui accepte dis-le moi de quitter les joutes rassurantes des villes sans passion ?
Laisse-les sentir pesamment la croûte sucrée, mais toi, dépose ici les lances du vaisseau des ingurgitations aveugles. Meurs, meurs de faim, laisse entrevoir ton ossature larvesque, et tu vivras bien plus heureux encore, au sens même où tu voudras l'entendre.
Les mers sont vastes, et de leurs hautes tours, murs constitués des embruns de leur colère, elles appellent au départ les enfants les plus frêles. What's the linkage between oil and gas price, Mister B. ? Where's the oil-water contact ? Won't you tell me ?
Et déjà des vieillards par dizaines refluent vers les jardins, et ressortent une à une les planches de la barque - vestiges de l'enfance, d'un futur suggéré.
Il faut combattre, mais ton arme est ton silence et ta docilité, tu t'envoleras bien assez haut pour qu'ils réalisent enfin que l'océan se chargeait du destin de tous, mais pour eux peut-être, il sera trop tard. Tu n'auras pas parlé, toi, tu seras sauf. Convaincre est le crime le plus traître que l'écume aime à broyer, prosélytes sont les femmes, mon enfant, qui jamais, jamais ne jouirent.
L'océan est ma patrie, et Dieu est océan. Hemingway, peut-être Cocteau, en prophètes abyssaux.
vendredi 26 novembre 2010
La fin de l'homme, Samson
Répit.
Couleurs sombres, fatigues ardentes d’un faux jour qui tombe. Je m’enferme et prie Dvorak et Saint-John Perse. C’est le grand démarrage. Je prends l’alcool et brûle, brûle, brûle ma raison. Oui brûlent les forêts, les dénis d’Ether, des particules de lune. La lance de l’ennui pour alimenter brasiers et insouciances, et la flamme délirante de ton nom, et nos réclusions sensées. C’est la nuit qui fait débuter mon jour, c’est le bleu fixe et pâle de l’ultime regard d’Orphée sur Eurydice, le jaune du poète, le noir du sang des lions, le règne d’Aphrodite, ou bien la chaleur douce des larmes retenues. C’est tout cela qui me fait vivre au soir. Je grimpe d’épaisses marches. En bas, tout en bas, des bras aimés qui vers moi se tendent et m’interpellent, minuscules, pourtant si proches.
Constats amers. Expériences aisées.
Ai-je opéré ainsi, calciné mes frères durant leur sommeil oublieux alors que je veillais ? Sous quel acide effet, moi l’enfant des artifices ? Doux monde, jolie farce, soupir consumé, je m’étale sur un lit de cendres, ici même où par ma science la ville entière a brûlée. Marche transie dès lors, à peine plus tranquille qu’au matin. Chaque nuit comme comburant alimente mes vengeances. Je dors sans soif, effrayé par mes douloureux orgasmes, et me réveille en pleurs. Toujours, chaque matin.
Folie. Tout brûle et puis rebrûle. C’est l’heure de se lever.
Le métro brûle, la ligne une, la plaignante femme brûle que je bouscule pour entrer, brûlent les visages las, les malhonnêtes, les âmes défroquées parce que tendues et blêmes, brûlent les beaux mâles aux paroles inutiles, qui trahirent honteusement l’homme par leur honneur et leur fierté, qui le tuèrent. Brûle l’honneur et brûle la fierté. Chute des temples du délire, disparition des murs renégats. La fin de l’homme, Samson. Brûlent les hérauts des grandes tours, brûlent les badauds de l’ouest parisien. Ceux qui brandissent le glaive périront par le glaive. Huit heures du matin n’existera plus que dans le sang.
Passion.
Ces théorèmes m’amusent, Ô ma mie. Il fait chaud à Paris car tout s’encrasse, et toi seule m’apporte encore l’ivresse et l’amertume paisible des bancs de neige de jadis. En toi je retrouve la candeur du macareux, l’absence légère de l’albatros, l’étoffe du tournepierre, la violence des glaces qui se heurtent et le regard ferme de ces monts zélés qui fondent dans les fjords. Toi seule a le pouvoir de rassembler mes forces, et c’est depuis ton refuge au nord de l’Arctique que j’étudierai les scénarios de mon déclin. Tu rêves, vieux ? C’est bientôt onze heures, putain. L’être qui te fait face aura bientôt fini d’aspirer ton âme, en la pénétrant d’épines structurelles, et tu seras encore là à réciter tes vers.
Passion #2.
Ces théorèmes m’amusent et c’est ma vie que je déplace sur un échiquier d’airelles et de bruines. L’écoute est sélective, la plume et les carreaux, et j’écris quelques lignes pour éveiller en moi les longues mémoires sourdes. C’est la théorisation des théorèmes qui m’excite, au fond, non la mathématisation systémique primée par mes chers maîtres. Béni soit leur savoir fétide et niais. C’est l’amour que je te portais qui m’a perdu, tes yeux assombris par l’effluve lacrymal n’avaient de sens que pour moi et ma jeune bêtise. Aujourd’hui c’est ainsi que j’existe, en chérissant les femmes infidèles.
Repas.
Douze affairés, qui partagent ma tablée. Lucien, Vernon et Dorothée, Noémie, Serpent et François-Blaise, Sidonie, Falace, Cassiopée. Nous parlons d’effroi, d’accidents, de futur, d’arbitrage, d’ambition, de ravalements, de synthèses infléchies, d’alibis, d’évidences de vérité, d’économie. Nous parlons d’images grises, de sols verdâtres. D’honneur, vieilles putes, et de fierté. Sous-sol mal aéré, depuis tant d’années déjà les techniciens s’affairent, mais la poussière ici demeure et leste les bronchioles. Me nourrir est un calvaire, et me voilà si frêle. Stabat Mater.
Repas #2.
Ou bien douze affairés, oui, qui viennent en silence et que j’appelle par leur nom ! Chères années folles, mes tendres amis ! John Fante ! Kerouac ! Bergman et puis Dylan ! Burroughs ! Et toi mon cher Dagerman, depuis ta tombe enneigée ! Klaus Mann le germain, Hamsun le grand nordique ! Lovecraft ! Faulkner, Whitman ! Jouissance, jouissance, Louis-Ferdinand Céline ! Reprendrez-vous des pâtes, du café ? Le Soleil n’aurait-il pas jauni, depuis l’année passée ? Les femmes sont douces et belles, n’est-ce pas, et je caresse leur grand corps, nous énonçons des phrases d’ignorance pour la postérité ! Chères années folles, mes tendres amis ! La brume et les essences parcourent mon être d’un grand frisson, et le repas déjà se clôt… Ne partez pas encore ! Ne partez pas, c’est mon âme que je vomis ! Où suis-je ? Que retiens-je ? Qu’observent ces passants ? La bave aigre coule au long de mon destin. Réels et irréels s’encombrent au parloir, et font reluire ces malheureux.
Passion #3.
Repères d’après efforts. Le bleu du ciel peine à masquer le déclin du Soleil. Il est quatorze heures dans une ville froide, c’est l’automne ou le printemps, c’est l’été peut-être et les ruelles sont vides, ou bien l’hiver, et le gris des âmes transparait sur le bitume éreinté. Je pense au souffle que tu me prenais, aux rémissions, aux marches dominicales le long des tombes d’inconnus, où tu ne me voyais pas, et je m’allongeais souvent à leur côté, pour sentir l’espace d’un instant la teneur de l’au-delà. 26 Novembre 2010. Le président à la télé, il change un peu les ministères. Mes amis n’ont pas de nom. Les élections se déroulent dans le calme en Salvatrie. Maria s’est pendue, Francis est satisfait. Les enfants jouent dans le sable épais et morne d’un jardin de Paris. C’est l’hiver. C’est l’hiver dans ma tête. Et je t’aime toujours autant, et je crie, et les morts et les vivants se confondent mécaniquement depuis la nuit des temps, dans une indifférence nauséeuse. Bientôt l’heure de rentrer.
Café, pause et départ.
Production d’effets écrits, un dossier, des rapports, des lignes imbriquées, un mot, deux mots, des mots. Production de paroles longues et sans teneur ou bien trop courtes, de discours, compliments, arnaques sans rythme ou larmoiements exigus. C’est le prix d’un salaire, et l’on y prend goût parfois. Mais pas aujourd’hui, petite, alors qu’une route se construit entre les marais de Louisiane et le cahier que je tiens, alors que l’étreinte se resserre autour ma jeunesse. Alors que la peine assiège les femmes que j’approche, alors que bientôt ivre je longe les chemins gris des hautes tours et que le vide parait moins bas, moins inaccessible. Tremble, ambitieux ! Tremblez mécènes du grand leurre ! Chaque sacrifice scelle un peu plus la fin de votre empire ! Chaque goutte du sang des faibles est une entaille plus profonde encore dans vos blanches carotides ! Comme j’exècre votre nom ! Et je reprends ma plume, et mon cahier, et je me casse, il est vingt heures, je serre quelques mains, et untel au lointain qui rit en m’observant valser.
Répit.
Couleurs sombres, fatigues ardentes du grand soir. Je m’enferme et prie Gödel et Moussorgski. C’est le grand démarrage. Je prends l’alcool et brûle, brûle, brûle ma raison. Oui brûlent les forêts, les émissions d’éther, les particules de lune. La lance de l’ennui pour alimenter brasiers et défections, et la flamme délirante de ton nom, et nos réclusions sensées. C’est cette nuit qui clame la fin des jours, c’est le bleu fixe et pâle de l’ultime regard d’Orphée sur Eurydice, le jaune du poète, le noir du sang des lions, le règne d’Aphrodite, ou bien la chaleur douce des larmes revenues. C’est tout cela qui me fait vivre au soir. Je grimpe d’épaisses marches. En bas, tout en bas, des bras aimés qui vers moi se tendent et m’interpellent, minuscules, pourtant si proches.
dimanche 21 novembre 2010
Trail of Tears/Grand dérangement
Pas à pas, terre de feu, le poids de toute l’humanité sur le dos, les hommes s’essoufflent mains liées, à la fois coupables et décideurs de leur propre inconsistance. Je t’aime comme au premier jour, mon enfant, mais je ne veux pas trahir ce que tu es. Je veux vivre dans un monde sans la paix que tu chéris, car je méprise les clauses collectives tout autant que les savoirs partagés.
Critères de faïence. Critères d’ennui, de délices, de rejets. Mais critères de défis pour nos honorables pairs. Qui croire, qui reprendre, qui descendre le temps voulu mais la main ferme dans un angle quelconque de nos rues ? Celui qui chasse, qui pousse au large ? En voyant le ciel qui s’assombrit - ou bien peut-être sont-ce mes yeux qui refusent d’accepter la lumière – je ne peux m’empêcher de penser aux marches de ces gens, défaits dans leur combat et solitaires impassibles. Faut-il longer les nobles rivières en pleurs, ou bien les traverser penauds ? Pourquoi cette lourdeur dans mes pas, alors que je me place prudent sur l’indication d’un père, sur la banquise de l’immense ville ? Amérique ? Tiédeur ? Ivresse ? Demain ? Je prends les quatre, pour commencer. Et toi, Andrew Jackson, je traite tes aïeux de chiens.
Revenons chez nous. C’est un arrondissement de Paris, en bas. Obtus, sinueux, sentant le foutre et l’irraison. Tout l’inverse des convolutions rêvées, tu vois. Tu pars à la recherche d’un confort, de dorures, d’une couche respectueuse pour accomplir ton heureux vice. Mais les orfèvres que tu cites n’ont pas ta patience, ma belle, ton intégrité s’est perdue dans leurs étoffes, et ils sont désormais bien plus vaniteux que toi, assoiffés du sang nouveau des passants alarmistes, des femmes infidèles. Prends garde. C’est moi qu’ils prennent dans leur filet quand tu leur places une parole, c’est toi princesse, c’est l’amour qu’ils évoquent et détruisent chaque instant. Tu ne trouves finalement qu’abîme, et l’anneau qu’ils t’adressent, le sourire niais, ressemble à leur irascible esprit, cervical et constricteur. Alors tu fuis, chassée comme tant d’autres. Tu vois ? Nous suivons les mêmes routes, à travers les époques. Combien de temps, combien de larmes ? Qui sont les êtres qui migrèrent comme toi vers ces marécages odieux ? Ceux qui suivirent leur mal le long de monts inconnus, vers des terres nouvelles qu’ils ne souhaitaient pas rejoindre ? Je t’emmerde, Andrew Jackson.
Quelques personnages. Là-bas, des fossoyeurs discrets à la plume méritante. Ils sont mes amis, et je leur rends hommage. Leur tâche est sombre et infinie, et si personne ne vient, j’irai moi-même recouvrir leurs draps déchus d’une terre sacrée. Ici une femme frêle, au long manteau d’argent. Qui est-elle, et que fait-elle dans ma rue ? On la croirait nue, sa parure est si mince, et qui laisse deviner ses os défaits, sa maigreur angélique. A-t-elle aimé ? Pense-t-elle encore aux douceurs d’un baiser ? Est-ce le jour que j’attendais enfin, Guenièvre, et voudrez-vous bien m’épouser ? Et la voilà déjà disparue, anéantie par les aigreurs du temps. Je bois. Je vois enfin ce chien qui erre la patte recouverte d’un feuillage décomposé aux terribles relents excrémenteux, dont il cherche depuis des mois à se débarrasser. Il rampe affaibli, apeuré, mais ses cris devant ma porte durent depuis trop longtemps, je n’en ai plus aucune pitié. Est-ce toi Julien ? Est-ce toi qui dégage cette odeur de cadavre, de merde ? Pardon, excuse-moi. Je ne saisis plus tout à fait les lignes de la Vérité telle que Petite Fleur les prescrivait le jour de nos quinze ans. Je me suis perdu, peut-être, sur ces routes un peu bruyantes, et me voilà aigri, quelle honte. Toutes les formes que j’aimais se sont cruellement dissipées devant ma bouche, se sont déformées. Oui, c'est Julien qui revient, cet ami qui jadis me prenait la main.
Alors voilà. Je n’ai plus aujourd’hui de prises que sur ton corps, je le crains, et il est ferme, petite, et doux comme du raisin. Allons. Peux-tu m’aider pour finir, sourire, et m’embrasser ? Ou bien t’ennuie-je à point nommé, mes os déjà brisés ? Sur quelles farces promeut-on les plus malins, dis ? Sur quelles traces engage-t-on nos fuites ? Qui sont les enfants du crime, et dans quel fleuve me noierai-je ? Sur quel arbre ? Sur quels saints écrits se basent les putains ? Combien de morts heureuses mon aimée sur la Piste élue des Larmes ?
mercredi 17 novembre 2010
Soyons fous.
Soyons fous. Reprenons. L'acuité a repris sa remarquable ascension, à grands coups d'illusions, de sévices maquillés et d'idiomes nouveaux pour adultes désavisés. Je sais, donc je sais. Ignoble maxime. La relativité des vérités s'acquiert par le mouvement, et celui-ci prend des allures de fuites contrôlées. La relativité se révèle alors être elle-même inconsistante et dépourvue de sa fragile noblesse. Heureux soient ceux qui pleurent, et répondent aux artifices du monde par les larmes, symboles du passage à l'immanence supérieure des terres obscures. Absurdes sont les paroles des béats, je récuse leurs débats et évoque a contrario la désindividuation assumée, cette espèce de mort ponctuelle et permanente, sans cesse réinvoquée, qui seule nous fait parvenir à l'émotion suprême. Et si tu avais raison, toi la Creusée, lorsque tu disais que ce monde n'avait de valeur que parce qu'aucun de ses éléments n'était vrai, et que lui-même n'avait absolument aucun sens prismatique ? C'est la théorie du rien, et qui fait vivre à l'infini ceux qui se meurent dans le prétendu sensé.
Alors oui, reprenons. Récusons la nonchalance qui conduit à l'improductif reflux. Étourdissons les lignes du soupir, qui nous enjoignent à comprendre la mauvaise place de nos corps. Sachons dogmatiser l’ignorance, aimons les hommes, les feuilles de l’automne, primons ce que nous sentons être lumineux, quelques mots évoqués par untel, quelques phrases d’absent espoir. Donne-moi ton souffle, et je te donnerai le mien, paraphrasons les mythes des anciens, qui installèrent pour nous l’étal de bronze pour nos vies à déconstruire. J’aime la lumière du Soleil, et celle de la Nuit, j’aime le sourire fécond que tu avais, en ce mois d’avril révolu où nous jouions dans la neige, j’aime ce besoin de demain comme une insulte ou bien un rire, ce désir d’espace, et ces stimulations soudaines déposées par les mots.
Reprenons, et ne nous arrêtons plus, car seules les tensions apportées par nos replis digitaux alimentent quelque complicité entre nos douleurs et nos corps. Reprenons les rimes, les saisons moroses, la joie du train qui passe, la puissance d’une mélodie qui nous emmène en arrière. Reprenons enfin les images que nous nous faisions des idées salvatrices. Elles étaient raison au tarissement des lignes. Il fait bon, à Paris, en Novembre, et tu sombrais sans diligence. Il fait bon, une lame sur le front, la bouche grande ouverte. Il fait bon penser clair et rétréci, dans l’héritage promis. Il fait bon passer la main sur les pierres d’étranges couleurs qu’on trouve au pas des portes, ces pierres qui nous invitent à rassembler nos lyres, et nous arrêter tous ensemble dans les demeures interdites. Tu viens, Bobby, tu viens Judy, tu viens mon frère, tu viens Princesse aux yeux de lierre qui s’agrippent à mon cœur ? Nous pourrons sourire comme avant, comme aux curieux temps des grâces, préalables à nos mensonges de nouveaux-nés. Tu viens ? Nous étions là, oui, poussières ou bien rois, dans cet univers affable ! Ces milliers de germes ambrés, ces marbres aux vernis éclatants, ces émeraudes truquées sont la preuve de notre errance à travers les temps, et du plaisir que nous avons pris à traverser les lignes de l’espace. Soyons fou. Reprenons. Walt Whitman s’écriait :
Sous les étoiles le silence de la nuit,
La plage de l’océan et le murmure craquant de la vague à la voix bien connue,
Et l’âme tournée vers toi, Mort aux vastes voiles,
Et le corps reconnaissant niché tout contre toi.
Son chant joyeux trahissait sa grande assimilation de la complexité de nos états, pourvus d’une affiliation interminable et terrible, à la mesure du potentiel déchu des âmes de ce monde. Écoutons ses dires, ceux de quelques autres, et reprenons les nôtres. Le plus grand des mépris que l’on peut accorder aux races, ça n’est pas d’être blêmes et aliénées, mais d’avoir établi l’honneur en qualité. Reprenons la plume, et combattons ensemble, car nous vivrons vieux, quel qu’en soit le monde.
mardi 29 juin 2010
Pavane-toi aux phalanstères, et regarde au loin les signes du passé : l'explorateur avait foi en l'errance, il avait fui la France. Aujourd'hui faits de couches, de reliques et de faux mâts, il fait bon nous terrer dans nos huttes emmurées. La sagesse d'un socle est promue par les gueux, aux multiples visages mais celui de ce monde et de sa noblesse apparente. Réunis par la farce, mais enclins à en rire, où est l'espace, Judy, le rayon de la Lune sur nos pas qui avancent ? Où est la scène réfléchie, la signature du renom ? Reste où tu es, ou bien file à l'envers, qu'importe, au fond on te pousse à capturer pour l'apprivoiser la part la moins noble de ton méprisable inconscient. Partir, pourtant, malgré nous, malgré tout, filer aux devants des chutes d'eaux rassasiées de caillasses, et qui s'écrasent désormais sur de l'orge, des feuillages épars, et tes prunelles apeurées. Prends ma main, Judy, ce monde n'est pas le notre. Nous sommes plus riches, moins las, nous sommes l'absence et l'ignorance, nous sommes le reflux des caresses où s'arrête leur mensonge. Nous serons des hymnes, des reines, et toi la lumière des printemps, nous serons l'image affinée des nervures arrachées de leurs corps.
dimanche 13 juin 2010
Menelik II d'Ethiopie.
Mais si l'ennui. Mais si la merci de ces gens ne s'apparentait qu'au désastre... Mais si l'envie. Et si l'on n'était, au fond, que des santons de pierre, avec nos larmes de pêcheurs, parfois blêmes, parfois sans noms, et un peu superficielles. Et si les pions, sur l'échiquier, devenaient les rois de demain ? Nous pourrions, nous aimer, alors, Anne, et redevenir ce que nous étions jadis. Le faire-semblant est une insulte, et pourtant, la profération est une chose qui nous assiste, qui nous rattrape et nous entraine, une idée qui nous aime. N'oublions pas ce qui nous soutire. En un sens, ce monde est rouge. Mais il est aussi comblé de haine, et nous nous retrouvons au bar, comme des enfants à la recherche d'un nouveau crime. Regarde le ciel ! Regarde les étoiles, oui, et ceux qui nous envient ! Regarde la sagesse, l'image d'un soupir, regarde le lac, au loin, qui se ternit avec la tombée du jour, car les fables sont noires, et ton lit s'est refermé sur ta fausse morale. Assumons les prismes de l'errance. Assumons la croix, et nos dos aux sueurs écarlates. Songe, songe, Andy, les lignes vertes d'un Texas lointain t'enivrent d'un espoir que tu sais faux, car au dehors, il n'est que mers agitées, et océans sincères. Les flots sont rudes. Les mots aspirent la partie de toi qui se retrouve, au soir, dans le coin d'une bière aux acides redoutés. Chaloupe ta démarche, et redécore ton rire, Andy, chiale comme une ange, Andy, comme une larme éteinte. Je veux le soir, la défaite, le devenir incertain, je veux l'absence de remords, de la part des pensées honnêtes. Nous-mêmes, brisons l'espace, la Lune et l'Idéal, et secrètement, bénissons toutes sortes de crises politiques.
mercredi 9 juin 2010
Mémoires de Retz.
Grisaille, tendresse, et puis dégâts. Le monde est fronde, l'automne s'avance au beau milieu de Juin. Quels appels nous invitent à sublimer nos corps ? Quelles affaires mauvaises et silencieuses accaparent nos envies d'envol ? C'est un Paris sournois, le parfum brisé de la mer, le souffle rocheux des clapots insensés qui nous recommande la prudence, l'espoir encore peut-être, mais l'endémique prudence. Charlie, où sommes-nous donc ? Que nous propose t-on, enfin, en guise de rédemption ? Les récits sont obstrués, semblables à des amphores aux relents paternels, et les mots comme autant d'écoutilles amères parviennent à savamment assimiler nos peines. Quelques folles jeunes filles aux jambes aiguisées passent sous mes yeux, et je les regarde avec désir, Rue du Louvre, à Paris. Elles n'ont pas vingt ans. J'avance avec méfiance, tant ces rues me paraissent à chaque instant pouvoir se refermer sur ma frêle silhouette. Les odeurs de bitume me rappellent à quel point il fait bon être libre, au fond, dans cette geôle sans largesse. Et le regard de ces lâches, Charlie, et la beauté d'un prénom, et l'ironie du chien qui se sait mort, et les parties sans cesse affutées, de la déchirure charnelle de nos corps ! Mercredi 9 Juin 2010. Tout est calme. Il fait si gris que le ciel en devient rouge. Et je fatigue, et je suis presque à en jouir, Charlie. Car nous étions deux, et l'enfance qui délibère ne retient que le goût du sang. Il est des basques, dans l'Idaho.
samedi 29 mai 2010
Barbara, Cioran, l'ennui, et les bières d'un soir. La solitude en guise de rédemption, le souvenir des caresses, la trahison des songes, l'absurdité d'une nuit passée au calme, sans horizon fécond, sans ligne bien définie.. Que je pêche encore dans ces tristes liaisons ! Nous sommes des fées, des rimes, chacun une clé sans réflexion, car si les portes sont là, les portes sont vives, sans gond charnel, les portes sont closes. Dormons. L'automatique écriture annonce l'orage, l'espoir, la fin. Le courage disparait. Et si nous étions rois ? Femmes sans nom, comme je vous aime. Ivresse absolue, comme je me reconnais en toi. L'ombre d'une naissance, le faux sourire d'un samedi soir. Signe et tu verras. Sommes-nous dignes ? Au fond, il est bon de le penser. L'ennui se repère aux douces annonces, aux sarcasmes assumés. Il pleut sur Angers, non loin de Nantes. Il pleut sur Trondheim, il pleut sur les côtes éteintes d'un Azur trop débonnaire. Il pleut sur Paris, et quel que fut l'éclat du jour, il pleut sur les faces chapeautées des jeunes hommes à jeun. Façades enseignées, où est le véritable Bleu ? Dans le Sud ? Ou dans la Neige ? Dans l'Ouest mal compris, dans l'Amérique profonde ? La danse est sincère, et c'est bien le seul songe qui me convienne encore. Prends ma main, Marie. Prends ma main, Anne. Prends ma main, aimée, prends ma main, Ô histoire maudite. Prends mes lignes racontées, et qui me disent quand je les lis que demain est une autre ivresse, un nouveau souffle coupé, une fleur sans couleur, mais avec quelque savoir, peut-être. Untel, Unetelle. Un ami, un bonheur erroné. Le sachant, le non-sachant, au fond, ils sont tous semblables, les hommes de cette terre. Au fond, nous tous des larmes, nous sommes tous l'ombre d'un nuage. Au fond, nous sommes tous des villes, aux couleurs indistinctes, nous sommes tous des anges, un peu ici, un peu au ciel. Car nous sommes tous sans vie. Alors, à quoi bon ? Saint-John, le Perse et le Gambler, sont pour nous des espaces devant être acceptés, devant être éprouvés. Provoquons la morgue. Soupirons l'oubli. Ne soupirons pas l'ennui. Alt er bra, pas de relectures, car le songe est roi. Alt er bra, car je suis parfois là, et parfois sans sanglot. Je ne sais rien de tout cela, mais je sais que je t'aime encore. Je ne sais rien de ton effroi, mais je sais que je suis ce bois séché, qu'ils rechignent à voir. Je ne sais rien de tout cela, mais je sais qu'il est des bonjours salvateurs. D'autres, qui ne le sont pas. Qui ne le seront jamais. J'étais parti, je suis revenu, me voilà à nouveau né, à nouveau mort, comme s'il faisait bon d'être absurdement réfractaire aux choses de l'inhérence. Tout ce que j'ai pu sentir et penser se confond avec un exercice d'anti-utopie. Tout ce que j'ai pu faire était étrange. Tout ce que j'ai voulu n'avait de sens. Replions-nous, rapetissons les choses qui nous font vivre. Rapetissons l'enfance, rétrécissons le lever, comme le sommeil, ou comme la vie. Car demain, où sommes-nous. Dieu n'est pas qu'un songe. Appelons-le comme on le veut. Pitié, sagesse, donne-moi le Feu. Donne moi l'arme aiguisée. Donne moi la fin. Et bénissons ensemble les mots qui nous guident. Bonne fête des mères.
samedi 22 mai 2010
Texte d'avant,
Ce matin, au réveil, à l'issu de rêves mal assumés, j'ai ouvert un cahier, et puis j'ai retrouvé ce texte.
"Avril 2008-
Sans saveurs nouvelles. À nouveau sans éclat. Ce monde est beau dans sa grisaille, il est gris dans sa douceur et calme comme l'oubli. Ce monde est sale.
L'amour s'annule dans les mots incompris, et je recherche l'extase nouvelle dans des doses d'ennui. Triste état ?
On songe à l'ignorance, tour à tour, aux savoirs déchus, mais l'esprit libre est incompris. Où sont les déesses, Lord, du désir désordonné ?
Pas chez elle, pas chez lui. Certains savent, parmi mes proches. Lis et tu verras ? Non, souris, et tu entendras. L'honneur ne sera sauf que dans le moi, ou la négation du moi, dans la connaissance parfaite et exclusive d'une entité aimée. La rédemption des rires soumet l'effort social à une épreuve déconstructive.
Il n'y a pas de place pour deux dans l'espace froid d'un cerveau libre."
mercredi 12 mai 2010
Le métier de faussaire.
Pancrace, Mamert et le brave Servais ! Plein dans le mille, banco, bon gros weekend et pas un rayon qui vient de derrière les nuages. Les adages ont encore quelque sens, on ne s'en plaindra pas. L'irrationnel se doit d'être un maître mot. La dernière réflexion, pardon, concerne l'Amérique. Étonnons-nous. Et si le Nord avait fait sécession en premier, s'interroge l'historien ? Et bien, oui, c'est fort probable, le Sud en aurait été fort aise, et n'aurait pas cherché à préserver l'Union. Il n'y aurait pas eu de guerre civile, et l'abolition des servitudes aurait attendu quelques temps encore, au doux pays du coton. Mais le Nord a été malin, il a attendu, et c'est un Lincoln assez cool mais sans plus envers les blacks, mais surtout haï par les mecs à tachemou du Deep South qui se fait élire président. No more choice, on a le sang chaud sous la Mason-Dixon, et l'honneur de ceux qui se sentent laissés pour compte (mais qui exploitent quand même des niggers). Bam. Grosse guerre. Grosse inspiration pour tous les folkeux de la fin du XIXème. Gros Jimmie Rodgers, grosse Carter Family qui accouchent de cette subite évolution sociologique. Paris, Mercredi 12 Mai 2010. Au dehors, le Soleil peine à montrer sa gueule. Il fait froid. Eh, Bobby... Il y a des Saints de Glace en Amérique ?
jeudi 6 mai 2010
L’enfer. L’envie, la contractance des fonctions idéales. Dans les théorèmes absolus, on peut regretter le trop grand sérieux avec lequel certains s’oublient. Pourtant, c’est assez juste. Les mathématiques sont l’essence même de la philosophie. On cite Gödel, l’incomplétude, ou bien Bolzano-Weierstrass. C’est agressif. Ca sonne bien.
Les britanniques votent. L’attentat est avorté, à l’angle des rues les plus méritantes. Broadway remains. On soupire, mais est-ce un réel réconfort que de voir autant de connexions déphasées remplir les cœurs de ceux qui luttent pour que la société ne change pas. Tout est calme dans le village. C’est l’heure où Jacques Lantier sort de son dépôt, et se surprend à vouloir aimer les femmes. Nous sommes tous des Jacques Lantier. Nos putrides génuflexions de chaque instant, au devant de l’autel de l’amour, ont bien pour unique but de nous faire réaliser nos besoins de tuer. A quoi bon en rougir. C’est bon, le sang.
Victor Considerant, joyeux français, fouriériste et icarien, tente d’établir à Dallas, Texas en 1850 un mystérieux phalanstère, où les hommes vivraient en harmonie, selon des principes égalitaires. C’est un échec, et le voilà de retour dans notre sainte patrie. Utopian Colonies, dont les vestiges mêmes s’insurgent contre l’absence de personnalité des passants des déserts. Le sable est dans Paris. Le Christ était Roi. L’égalité se doit d’être divine, ou bien elle est sans objet. Jacques Maritain a un square à son nom, boulevard du Montparnasse.
Tiens, François Baroin n’est plus avec Marie Drucker.
Jacques Lantier, le loulou de Zola.
Le formidable théorème d'incomplétude de Gödel.
Victor Considerant et ses tentatives avortées d'apporter un peu de communisme au Texas.
Jacques Maritain, philosophe catholique et un peu social, mais moins que l'Abbé Gaillot.
Jacques Lantier, le loulou de Zola.
Le formidable théorème d'incomplétude de Gödel.
Victor Considerant et ses tentatives avortées d'apporter un peu de communisme au Texas.
Jacques Maritain, philosophe catholique et un peu social, mais moins que l'Abbé Gaillot.
lundi 3 mai 2010
Serpentant l'horizon avec un regard de brebis.
Bobby Jindal. La gestion du fuel par les indiens de Louisiane. Les indiens d'Inde, Monsieur Colomb. Le premier à gouverner un état. Il y a cent vingt ans, si on avait demandé au président Garfield de nommer un gouverneur indien dans le Sud, il aurait sûrement proposé le nom d'un vieux chef Choctaw ou Chickasaw. Les temps changent. Les indiens, ceux des réserves, continuent leur chemin de picole, à l'abri des regards. Leurs bayous seront bientôt pourris par de la mélasse, la joyeuse mélasse des nouveaux arrivants. God Bless America, et les sacs en peau d'alligator.
Kråkesølv. On écoute un coup les chansons du Chnord, du fin fond de l'espace, d'un Bodø aux relents impériaux, du temps où Madrugada était l'âme enivrante de tous les enfants troublés. La Norvège n'est plus qu'un songe. Il fait bon se souvenir de ses propres larmes.
Tu te souviens de ce qu'elle disait, la folle ? Voltairine de Cleyre, née en 1866 à Leslie, Michigan, dans ce lieu même où l'on aurait rêvé naître, fille de froggies, et qui a écrit un bouquin s'intitulant, tout simplement : Le mariage est une mauvaise action. Avalé il y a quelques mois. Rue89 nous intrigue donc, avec ses articles sur l'histoire du socialisme francophone aux USA entre 1885 et 1915. On dépense ses sous, on verra bien.
Kråkesølv's myspace, Bodø rocks.
Bobby Jindal, premier gouverneur indo-américain.
Volatairine de Cleyre, féministe en anarchiste américaine.
James Abram Garfield, président américain assassiné par le barbu au nom franchouillard Charles Guiteau, en 1881.
Ces Français qui voulaient faire la révolution en Amérique, article de Rue89 du 2 Mai.
mercredi 28 avril 2010
L'histoire renouvelle ses contresens, l'orniérage parchemine désormais la façade interne des routes sur lesquelles on nous jette, au droit de nos envies. Plus de bitume, sur les ruelles de demain. Mercredi, les amis. A Dieu va. Mercredi. L'épicentre de la semaine. Les colères et les fatigues, les douceurs et les délits, tout prend forme en son vil sein de Mercure. Mercredi des tendres. Soucis assermentés, saluts débonnaires. Une semaine dans le temps, nous avalions des cendres. Le titre de notre journée sera peut-être : Le Think Tank Mariniste de Louis Aliot. On aime les formules bien dites, et les mots qui claquent. Celle-là, littérairement, est efficace. On aurait pu choisir aussi : Fabrice Tourre nie en bloc et défend Goldman Sachs. Le nombre de syllabes est bon, mais le "et défend" ne passe pas. Trop académique. Je l'arrangerais autrement, soit sous cette forme :
Fabrice Tourre,
Nie en force
Et défend
Goldman Sachs.
Ou bien, quitte à apporter des modifications, et à vouloir claquer fort, quelque chose dans ce genre : Fabrice Tourre nie en bloc, sa catin : Goldman Sachs. Ou bien encore Fabrice Tourre sans entrain, Golden Sachs ferme à chiens. Les combinaisons sont multiples, et même infinies, princesse, lorsqu'on en appelle à l'imagination. Princesse ? Je me révolte. Une vieille veuve bornée que rencontre Gordon Brown. La dictature du micro mal fermé. Je rêve d'un président qui dit bite et chatte, et cassez-vous tous, bande de cons. Et d'un peuple un tantinet moins hypocrite, qui pourrait malgré tout l'insulter comme un sale, le Prélat, sans risquer de sauter. Miam miam miam, et à bientôt.Nie en force
Et défend
Goldman Sachs.
Au fait. Devinez où c'est, la photo. Un bonbon pour le gagnant.
Louis Aliot quitte son poste au FN.
Fabrice Tourre nie en bloc et défend Goldman Sachs, article du monde.fr
La gaffe à Gordon.
lundi 26 avril 2010
L'herbe bleue.
Baise le monde et vogue la galère. Infante les blessures du demain, à coup d'espoirs mal maîtrisés. C'est lundi, il fait encore beau. Que le week-end fut bon ! Les espaces entrepris pour calmer nos ardeurs, nos soifs, nos remords, nos solides amitiés. Tout fut envisagé. Les cernes sur les yeux ont une odeur de plaisir. Enfin. Celles de demain seront d'un autre signe. Et je me prendrai à rêver à nouveau du Kentucky, où l'on fit du son avec de l'herbe bleue. Belle enfant, monde sans ligne, paix sans art. Saint Bourbon.
Où sont les roses joues du passé ? Voilà la véritable chaire, l'espace des mystiques, la route des affamés. Sweet Lily of the West, Ô ma Flora, comme je te désire.
C'est la fête, vraiment. 1996, l'année du titre. Dans cinq jours, gros match. Le foot, les putes, c'est bon. Ernest-Théodore Valentin Deschamps fut ordonné prêtre le 24 juin 1900. Son père était un boucher rad-soc. Allez Auxerre, putain. Allez Auxerre.
Bill Monroe, le père du Bluegrass.
Lily Of The West, la chanson préférée de Joan Baez.
L'abbé Deschamps, père d'un stade.
Où sont les roses joues du passé ? Voilà la véritable chaire, l'espace des mystiques, la route des affamés. Sweet Lily of the West, Ô ma Flora, comme je te désire.
C'est la fête, vraiment. 1996, l'année du titre. Dans cinq jours, gros match. Le foot, les putes, c'est bon. Ernest-Théodore Valentin Deschamps fut ordonné prêtre le 24 juin 1900. Son père était un boucher rad-soc. Allez Auxerre, putain. Allez Auxerre.
Bill Monroe, le père du Bluegrass.
Lily Of The West, la chanson préférée de Joan Baez.
L'abbé Deschamps, père d'un stade.
vendredi 23 avril 2010
Fricotis chromés.
Ribouldingue ! Le petit gars un peu filou, ancêtre, ou bien grand frère du capitaine Haddock ! Barbe acérée, mauvais coups en poche. Je crois bien que j’ai rêvé de lui last night. J’étais entouré de deux enfants, ou bien peut-être était-ce des jeunes adultes. Je ne sais plus. La frontière est mince, les gens s’y trompent souvent. Ribouldingue donc ! Pourquoi lui, et pas un autre ? Des trois pieds nickelés, le plus roublard me paraissait être Filochard. C’était mon pote, jadis, aux soirs où je rêvais des méfaits que je ne savais commettre. Il dépeçait les ennemis à ma place, celui qui avait osé embrasser ma secret lover. Ma secret lover de huit ans. Ouais, on a tous été amoureux d'une fille de huit ans. A l'époque où l'on se liait pour la première fois d'amitié avec des fripouilles déssinées. Ribouldingue, il était un peu foufou. Pas franchement malin, mais pétri de bon sens. Sacrebleu.
Les deux gamins qui tournaient autour de nous dans ce rêve étrange voulaient nous entrainer au concert de Peter LaFarge, le pote indien de Bob Dylan. Il y serait question de la bataille de Iwo Jima Hill, et de la ballade de Ira Hayes. Tout émoustillé par la proposition de ces deux chenapans, nos pas guidés par la silhouette lourde de Ribouldingue, nous approchions de l'aéroport où devait avoir lieu le concert. Horreur ! Celui-ci était fermé ! Infernales pensées ! Il semble que quelques Vikings, revendiquant fermement l'héritage des terres américaines, avaient décidé de cracher des cendres fétides de leurs lèvres blondes sur l'odieux Native American. LaFarge était coincé par les délires d'Erik Le Rouge. Sur ce, Ribouldingue explosa, et je me réveillai. Trop plein d'absurdité.
Au dehors, il faisait beau. Je n'avais pas pris la peine de fermer mes volets, hier soir. Aux nouvelles ! Que dit le monde ? Polanski va devoir prendre l'avion, bientôt, pour répondre de ses crimes. "Je ne suis pas Simone Schultz", dira t-il avant de sauter du haut de sa montagne Suisse, pour échapper à l'infâme justice des hommes. Il viendra s'écraser tout en bas, sur la Grèce qui fond, et que quelques idiots qui pourtant votèrent Oui à l'étrange constitution, voudraient rendre désuète. J'enrage.
Mon fond d'écran a changé, c'est une carte élargie de dame Louisiane. Sous mes yeux, devant moi, les paroisses de Lafourche et de Beauregard affichent bien haut leur fierté cajun. Les onglets qui masquent la ville de Shreveport sur le grand écran plat portent le nom de chantiers de tuyauterie en cours, dans la ville de Paris. Je suis en pause, mais au boulot, et hop hop, je crois qu'on a besoin de moi. J'enregistre, je vous enverrai ca ce soir.
Bien cordialement.
Peter LaFarge, the Indian Cowboy.
"Je ne suis pas Simone Schultz !", tirade tirée du sacré bon Locataire, de Polanski.
Ribouldingue, Croquignol et Filochard, les trois pieds nickelés.
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