lundi 7 juillet 2014

Nomination pour le prix Félix Leclerc 2014 !



Chers amis !

J'ai l'immense honneur et privilège d'être nominé pour le prix Félix Leclerc, qui récompense chaque année en France et au Québec le travail d'un artiste "en développement", pour lui permettre de grandir encore un peu plus sous le regard bienveillant du père Félix.

Félix Leclerc, c'est notre Woody Guthrie à nous. Un immense personnage pour moi. Comprenez l'émotion.




Félix c'est le p'tit gars de La Tuque au Québec, le petit gars de la campagne qu'avait pas l'âme pour aller loin dans l'art de couper le bois ou tenir le magasin d'outillage familial. Qu'avait la vocation qu'à moitié pour finir curé. Qui alors a tenté l'aventure des mots, petit à petit, travaillant son écriture dans les nouvelles, les chansons, avant de se mettre à les proposer à qui voulait entendre, dans les "rues sales et transversales" de Montréal, chères à son compère Georges Dor.

"Je ne suis pas un chanteur, je suis un homme qui chante."
Adieu les doux canons de la variété de l'époque, des époques.

Félix Leclerc, c'est l'Amérique en français, c'est la chanson comme art populaire, qui vient du peuple, "par le peuple et pour le peuple", poésie du gars de la bâtisse du bout du dernier bloc avant la forêt. 

Notre Woody Guthrie à nous.

La mer n'est pas la mer
C'est un gouffre sans fond
Qui avale les garçons
Par les matins trop clairs

On ira au Québec un jour, promis, p'tèt même qu'on s'y installera. C'est ça ou l'Oklahoma.

Résultat des courses ce vendredi à La Rochelle, dans le cadre des Francofolies, où nous avons drôlement hâte de jouer !





jeudi 26 juin 2014

Album hommage à Mouloudji






Chers amis !

Comme certains d'entre vous ont pu le suivre sur ma page Facebook, j'ai eu l'immense plaisir de participer à l'album hommage au grand Marcel Mouloudji, tout juste sorti chez vos disquaires favoris. 20 ans après la disparition de cet immense bonhomme de la chanson française, ses enfants Annabelle et Grégory ont voulu faire revivre une partie de son répertoire, en demandant à des artistes de tous horizons de s'approprier un de ses morceaux, et j'ai eu l'honneur d'être sollicité pour l'un d'entre eux, en compagnie de Louis Chedid, Alain Chamfort, Christian Olivier, Daphné, Melissmell, Maud Lübeck et Jil Caplan. Le tout sous la houlette du réalisateur Frédéric Lo, avec lequel j'avais travaillé sur quelques morceaux de mon EP.


Marcel Mouloudji, c'est la chanson française poétique d'après-guerre par excellence, délicate et puissante, avec des chansons qui auront traversé les générations comme "Un jour tu verras" ou "Comme un p'tit coquelicot". Cette dernière chanson était d'ailleurs sur la BO d'un récent film de Bruno Podalydès, "Adieu Berthe", dans lequel mon cher cousin comédien Benoit Hamon tenait son tout premier second rôle au cinoche. Et à quelques encablures de la scène avec cette chanson de Mouloudji, une autre scène, avec cette fois-ci une chanson d'un de mes folkeux texans préférés, Joe Ely, qui reprenait le "Live Forever" de Billy Joe Shaver, qu'on vous joue parfois sur scène avec Alma. Donc dans ma tête maintenant j'associe Mouloudji avec le Texas, comme beaucoup de trucs que je trouve cool. Voilà.

La chanson que je reprends s'intitule "Les enfants de l'automne".

Et le monsieur à la guitare derrière, et que vous apercevez sur les images du reportage en en-tête, c'est Ryan O'Donnell, mon copain… texan. Salut buddy ! Boucle bouclée.

Je vous fais des bisous et vous dis à très bientôt !

Baptiste




dimanche 4 mai 2014

Interview de Baptiste W. Hamon par Léa Goujon

Merci à Léa pour cette ces quelques questions ! Vous pouvez retrouver l'interview complète par ici :
http://drafty-curiosity.blogspot.fr/2014/04/interview-baptiste-w-hamon.html






* Baptiste, raconte moi un peu ton itinéraire avant de chanter...

Eheh, eh bien, ça fait un paquet d’années que je chante, mais disons que j’ai écrit  mes premières chansons à dix-sept ans, en terminale. Ensuite j’ai créé mon projet folk en anglais, Texas in Parisinspiré par la musique country-folk que je venais de découvrir alors, avant de me mettre à l’écriture de chansons en français en 2011. Bon, à l’origine, je ne cherchais pas franchement à faire de la musique mon métier, puisque j’ai fait des études d’ingénieur qui m’intéressaient pas trop mal, mais je me suis rendu compte que les boulots qu’on me proposait après mes diplômes ne m’enthousiasmaient pas autant que la possibilité d’une vie de songwriter, qui se dessinait petit à petit devant moi. Du coup j’ai franchi le cap fin 2011, et je suis plongé complètement dans l’écriture et la chanson depuis lors.

Tes parents écoutaient quel(s) genre(s) de musique à la maison ?

Mes parents n’écoutaient pas beaucoup de musique à la maison, mais ils avaient quand même quelques vinyles incroyables de chanson française : BrelBéart, AznavourBrassensGraeme AllwrightAnne Sylvestre. Mais je ne les ai écouté pour la première fois qu’à 25 ans à vrai dire, quand je me suis vraiment plongé dans l’histoire de la chanson de chez nous. 



Mon vrai mentor musical, c’était plutôt mon frérot Corentin, qui m’accompagne parfois sur scène, et qui lui était abonné aux Inrocks des années 90, quasi-unique source de bonne musique pour les mecs qui s’intéressaient à l’indie à l’époque pré-internet. Avant quinze ans je n’écoutais pratiquement rien, je faisais des maths et des dictées, et puis entre quinze et dix-sept j’ai fait le grand saut en écoutant de l’indie à gogo. Belle and Sebastian était mon premier coup de cœur,Grandaddy aussi, les Go-BetweensSmogWill OldhamCatpowerHerman Düne, tout le bazar. En français j’écoutais le déjà immense Dominique A, Tue-LoupMiossecSuperfluMurat,Thiefaine, quelques types comme ça. Donc ma culture musicale à l’origine s’est plutôt basée sur les références de mon frérot que sur celles de mes parents, bien que je me sois mis avec ferveur à la chanson poétique des années 60 plus tard.

Ton milieu musical de prédilection : le bluegrass et la country. Des artistes de référence ?

J’ai effectivement découvert le country-folk à dix-sept ou dix-huit ans, par l’intermédiaire d’un artiste qui allait complètement bouleverser mon rapport à la musique et au songwriting : Townes Van Zandt
Pour la première fois de ma vie, j’avais l’impression en écoutant ses chansons de nager dans un océan de poésie, d’authenticité, j’avais des frissons dans mon corps qui venaient de je ne sais où, c’était complètement magique. C’est là que j’ai pris conscience de la dimension mystique qui pouvait se trouver dans notre rapport à la musique.


Je ne comprenais pas nécessairement tout ce que Townes Van Zandt racontait avec son accent texan au début (il est considéré comme un poète égal à Bob Dylan ou Leonard Cohen), mais je pouvais sentir la poésie qui se dégageait de son phrasé, de la scansion de ses mots, des mélodies. C’est pour moi la vraie définition de l’universalité d’une chanson : l’authenticité de son auteur, qui ne cherche pas à tricher, à imiter, à convaincre, mais simplement à dire ce qu’il est et ce qu’est le monde, à travers des histoires sorties d’un imaginaire subtilement et puissamment poétique.
Donc voilà, à partir de Townes, je me suis intéressé à la mouvance des songwriters de country-folk et de folk en général, Dylan of course, mais également tous ces types moins connus, qui écrivent une poésie plus poussiéreuse, davantage ancrée dans le terroir. Des types comme Butch HancockJohn PrineGuy ClarkIris DeMentJerry Jeff WalkerMickey Newbury, etc.. Ce ne sont pas à proprement parler des chanteurs de country ou de bluegrass, pour revenir à ta question, qui sont deux genres musicaux bien distincts du folk, mais ils sont réunis sous l’étiquette qui me plait bien et dans laquelle je souhaite m’inscrire moi-même, parce qu’elle a un sens, de singer-songwriters. Des écrivains de chansons qui chantent leur chansons, quoi.

Tu peux m'expliquer comment tu es passé de ton projet exclusivement en anglais Texas in Paris àBaptiste W. Hamon ?


Ben du coup pendant cette grande période durant laquelle je n’ai écouté pratiquement que de la musique américaine (en gros entre dix-huit et vingt-quatre ans), j’ai voulu moi aussi me mettre à l’écriture de chanson, sur le modèle de mon vieux héros Townes. Un peu naturellement, parce que c’était ça que j’écoutais, je me suis mis à écrire mes premiers textes en anglais, pour lesquels j’essayais de rechercher malgré tout une véritable rigueur littéraire. J’ai vécu presque deux ans en Norvège à cette époque-là, je pensais en anglais, je rêvais en anglais, j’écoutais des songwriters américains, du coup naturellement j’écrivais en anglais.
Mais très vite j’ai été coincé par les limites littéraires auxquelles je me confrontais : je voulais aller plus loin dans les recherches rythmiques et poétiques de mes textes, dans les histoires que je racontais, et mon vocabulaire anglais ne me suffisait plus. On peut pas prétendre vouloir faire comme Dylan mais dans une langue étrangère. Fallait que je trouve un moyen d’écrire des chansons en français. J’avais déjà écrit plusieurs recueils de poèmes en français à l’époque, pour moi, pour me rôder à l’écriture dans cette langue, mais je ne m’étais jamais essayé à la chanson, qui estvraiment un truc particulier, avec des codes d’écriture très différents du poème.
Du coup c’est à ce moment là que je me suis mis à écouter en boucle nos « songwriters » à nous des années 60, Barbara, MoustakiBrel, Jacques Bertin, Felix Leclerc, Graeme Allwright, pour me familiariser avec leurs schémas d’écriture et tenter ensuite l’aventure moi-même. Une fois que j’y suis parvenu, ça a été comme une espèce de libération, puisque d’un seul coup dix mille portes s’ouvraient, dix mille façons de faire nouvelles à parcourir ! Mais je ne délaisse pas mes chansons en anglais pour autant, que je chante encore sur scène, et je continue de temps en temps à écrire des textes en anglais.

* Qu'est-ce qui te plait le plus dans la musique ?

Well, question pas évidente parce que ce qui me plait un jour dans une musique et me procure des émotions ne sera peut-être pas la même chose que ce qui me fera frissonner le lendemain. Je pense qu’on a tous un rapport très différent à la musique, aux rythmes, aux mots, et l’émotion qui se dégage d’une écoute musicale dépendra tout autant d’une appétence particulière pour certaines sonorités – notre histoire - que d’un contexte émotionnel donné – notre présent. Mais il y a des constantes. Et pour moi la constante c’est souvent le texte. Quand j’écoute Vienne, de Barbara, j’ai des frissons à tous les coups. Pareil avec Drouot, ou La Chanson des Vieux Amants de Brel, Famous Blue Raincoat de Cohen, Nothin’ de Van Zandt, Hello In There de John Prine et quelques autres. C’est donc l’assemblage du texte et de quelques enchainements d’accords qui sont pour moi les outils les plus puissants pour procurer l’émotion brute. Et du coup, c’est ce que j’essaye de rechercher dans mes propres compositions, la tournure qui pourra déclencher l’émotion sur la peau, le changement d’accord sur un mot donné, un tempo « t ». Mais la musique est un domaine sans vérité, hormis celle de l’authenticité et de l’impossibilité des calculs. Je peux me retrouver transporté par Sigur Ros que je ne comprends pas, je peux avoir des frissons joyeux sur Boulat Okoudjava ou Silver Mount Zion le même soir, Joe Dassin, les Go-Betweens ou Vincent Delermindifféremment après deux tasses de thé ou trois verres de Chablis.


* Avec quels artistes aimerais-tu collaborer ?

Dans un fichu désordre : Will OldhamMicah P. HinsonAne BrunDominique A., Butch Hancock, Les Hay BabiesPascal BouazizBertrand BelinJacques BertinLisa LeblancJustin Townes EarleSivert Høyem, Hugues Aufray… Tous en même temps tiens ça serait le top.

* Des concerts en vue ?
Oui, je joue pour les soirées Oh Taquet au théâtre de la Loge à Paris le 14 avril, le 12 mai (avec le super AuDen) et le 23 juin. Je serai par ailleurs au festival Alors Chante de Montauban le 28 mai, et on est en train d’organiser tout plein de dates à gauche à droite pour l’été et l’automne qui arrivent. Be welcome ! 






lundi 28 octobre 2013

Wop !

Retour sur une riche semaine au chantier des Francofolies à La Rochelle.




Diable me voilà de retour. D’abord un grand sommeil, une pinte d’eau fraiche, puis les souvenirs de ces six jours passés à Rochelletown dans le cadre du chantier des Francofolies. Sacrée expérience – so I say.




Chantier des Francos. Structure liée au festival des Francofolies de La Rochelle, ayant pour but d’aider au développement de jeunes artistes qui se lancent dans la machine. Passés par là et croisés ailleurs: Granville, Arnaud Fleurent-Didier, Charles-Baptiste, Cléa Vincent, La Fiancée… Passés par là tout court: Zaz, La Maison Tellier, les incroyables Vérone, Mustang, etc etc etc... J’avais été contacté quelques semaines plus tôt pour apprendre la nouvelle de mon intégration à la promo entrante, après une première rencontre avec l’équipe du chantier à Paris. Exciting news, au moment où les choses s’accélèrent, et que je commence à mettre sur pied une équipe de musiciens autour de moi pour foutre un gentil bouzin américain derrière mes folktunes en français.



Mais en attendant, comme John Prine, Townes, Steve Earle, Butch Hancock, Bobby Dylan de l’époque, Joan et tous les autres qui m'ont inspiré, je fais le déplacement simplement avec Gibbie ma Gibson du Montana, pour raconter mes histoires, et expliquer une démarche de folksinger.







Singer-songwriter. « Ecrivain de chanson qui chante ses chansons ».

Démarrage lundi matin aux aurores, en australe Rochelle. Premières rencontres avec nos intervenants. Néry, ex des Nonnes Troppo et des VRP, comédien et metteur en scène, qui fera coach plateau pendant la semaine. Près du feu depuis tout petit, j'entendais mes frangins reprendre ses chansons. Julia, professeur émérite ès techniques vocales. Et Jean-Claude, aux manettes pour le coaching mental.

A côté de moi dans le banc des gars qui prennent ce métier de chanter, deux groupes. Les Natas Loves You d’abord, super psyché-popeux déjà croisés au Pop In à Paris, gravitant eux aussi autour de notre grand barde à tous Kim Giani. Bigflo et Oli ensuite, deux jeunes rappeurs toulousains à la maturité phénoménale, aux textes précis et justes, poétiques, et qui demain seront très grands, demain mardi.





On part donc sur des cycles de trois ateliers par jour, chant, scène et « coaching mental », avec en addition quelques rencontres avec différents professionnels (notamment Alice Vivier et Lucas Bonnifait, super patrons des Trois Baudets et de la Loge à Paris).

Arrivant avec ma poche à guitare et mon harmonica, le travail scénique s’est concentré sur l’interprétation et la ré-interprétation de mes chansons. Comment donner vie aux textes, trouver les mots justes entre chaque chanson pour accrocher l’audience, et assumer avec sourire les tableaux évoqués. Il s'agissait élaborer une histoire, une ligne, un cheminement, afin d’exprimer au mieux l’univers défendu à travers les chansons choisies dans la semaine, celui de la fin de l’enfance et de l’héritage américain.

Les cours de chant furent de grand secours. Jamais je n’en avais pris encore, et je compris que mon ventre suffisait à faire cracher le vent de la scansion. Pas besoin de pousser dans la gorge. La respiration s’abdmominalisait gracieusement, et les efforts devenaient légers.

Aux séances de « coaching mental », de simples discussions sur le temps qui passe et les projets à venir. Des paroles qui s’échangent et se libèrent sur le pourquoi de l’après, l’espérance renouvelée, les cinquante textes écrits, et les autres à écrire. Se réaliser, comment, où ça, comme ça, en essayant de prendre place pas à pas dans l’espace alloué.



La Rochelle est une ville sublime. Au passage vers le Sud, jadis, j’y étais passé pour une nuit en provenance de Chef-Chef, Saint-Michel.

La semaine passait à grands coups de travaux poussés, de détricotages empiriques et affirmés pour redonner forme à chaque mot chanté. Avec pour objectif la grande prestation finale du vendredi, devant la foule de curieux qui se presserait pour écouter le résultat des travaux de la nouvelle promotion.

Vendredi arrivait donc patiemment, avec son lot d’excitation et d’incertitudes, mais le bonheur de pouvoir enfin présenter le travail accompli. La difficulté principale sur scène était de repenser aux cent choses dites dans la semaine, sans perdre l'idée du naturel et du spontané. Concert. Les bords de l’Yonne, Quitter l’enfance, Hervé, Waitin’ Around To Die, Van Zandt et Comme la vie est belle. Grand bonheur. Place aux copains.


(merci à Pascal Calou pour cette photo)

Bigflo et Oli nous font un grand show qui montre qu’ils sont prêts à refaire l’Olympia, comme ils l’avaient fait dix jours plus tôt en première partie de Féfé. Paroles puissantes et subtilement révoltées, contre l’intelligentsia du rap à paillettes et des authenticités révolues. Bigflo et Oli défendent l’intelligence, le vrai, le message clair et l’épuration des « chattes à ta mère » dans le langage commun de la profession. Ca marche, j’ai des frissons, et je repleure trois larmes sur l’une de leurs chansons phares.






Natas Loves You rentre en scène, avec Alain au chant, PH au clavier, Virgile à la basse, Joachim à la guitare possédée et Jonas au rythme. Prestation atmosphérique et emportée, réussie, on ferme les yeux et on bouge le corps en pensant aux sept merveilles de chacun de nos mondes à nous.

Fin de la semaine. Sourire aux lèvres, Gin en bouteille et quelques pas de danse au troquet du coin avant de se dire au revoir pour de bon.

Fin de la semaine. Mille projets pour les jours à venir, de chansons à écrire, de musique à réfléchir, de collaborations à passer, de concerts à continuer, de chemins à avancer, sans précipitation, fort des conseils prodigués tout au long de cette riche semaine.

Ryan O'Donnell, exceptionnel guitariste américain de musiques bluegrass et folk, vient à Paris sous peu pour se consacrer à mon projet. Ce sera un honneur de jouer avec lui. On mettra du tambour et de l'électrique, c'est prévu pour très vite. Des trompettes et de l'ampleur. Des sourires et de la candeur, toujours, parce que ce métier est chouette, qu'on y fait des rencontres formidables, et qu'on y passe parfois des semaines extraordinairement riches en enseignements et en émotions.

Rendez-vous le lundi 4 novembre prochain aux Trois Baudets pour un premier concert en France avec Ryan O'Donnell.

A très vite,

Baptiste





lundi 22 juillet 2013



Keep Angers weird. Jumelage avec Austin depuis 2011.

Départ tomorrow. Ca sent la fête et le bourbon. Concerts de Butch Hancock et Joe Ely en vue, ce weekend, à Alpine dans le Far West du Texas.

mercredi 1 mai 2013

Earle





Refrains enjoués alors voilà. Ca chante chante chante dans la tête. Je sortais du footing tout à l'heure, il y avait Steve Earle dans mes oreilles, 47 minutes de course, sourire, damn, et puis stop. Plus rien. Plus rien dans mes oreilles. C'était fini. Les rimes tristes simplement qui continuaient de remuer quelque part,  d'un grand Steve qu'on frémit depuis tant de lunes.

Métro Glacière. Et ciel qui pleure. 30 avril.

Un grand miroir. C'était quelques années auparavant, des rues parées de froid, un corps qui grandissait, des histoires à raconter, tant d'histoires - quelques rides déjà à la surface des eaux lourdes du fond de la chamade.

- "Comment tu fais, Bobby, pour aller puiser le pétrole au dessous de ta mer du Nord, sans trop faire gigoter la flotte salée qui entoure ?", nous demandait-on à l'école.

La mélasse noire de nos coeurs, protégée comme il fallait par des millions de larmes. On nous demandait de calculer les forces qui devaient s'appliquer tout en bas, mécanique de fluides bien trop visqueux, d'établir le meilleur moyen d'éviter l'arrogance de tout ce sel - pour extraire des tréfonds d'un puits la noirceur la plus pure. Faut-il vraiment ? Fallait-il ?

Here we are, now. Une chanson, une chanson une chanson. If a dream's enough to ease your hungry sorrows. Une chanson, deux chansons, dix chansons. Townes Van Zandt. John Prine, Steve Earle qui parlent aux oreilles vives, dans leur grande découverte des peines du monde, du bonheur immense qui reste encore à découvrir dans la grotte des tristesses.

Le temps passe.

Il passe parfois par quelques courses à pied, par la pluie d'un ciel trop gris, par le grand boulevard sans âme de sous la ligne 6, Paris Sud. Par Steve Earle, et les souvenirs qui remontent. Et par ces mélodies construites comme il faut, refrains enjoués mais rimes tristes - et la mémoire des temps anciens où nous nous demandions encore s'il fallait taire tout ce vide, ou bien le brandir un peu haut, un peu fort, pour en faire comme l'étendard du grand beau temps qu'il fait parfois au coeur de la mélasse.

Il faut écouter le nouveau disque de Steve Earle.








lundi 15 avril 2013

Enregistrements




Enregistrements. C'est le début des nouvelles ères, une signature, et hop ! On file droit vers les grands rêves d'antan. Ceux-là mêmes où l'on nous apercevait au loin, tremblant, l'harmonica au bec, chanter devant témoin notre amour pour l'errance, l'Amérique et le rien.

Depuis trois semaines déjà, j'enregistre mon premier EP avec Frédéric Lo, réalisateur émérite, ayant notamment collaboré avec feu le grand Darc, Daniel, évanoui le mois passé. Six titres bien choisis, qu'il a fallu habiller avec méthode. Réflexions. Couleurs à donner. Matière à travailler. Emphase à maitriser. Avec une Amérique en toile de fond, et la volonté de nous inscrire dans la logique ornementale de tout ce qui nous paraissait subtil et précieux, en France, côté chanson, depuis le début des années 90. 

Enregistrements. Ecriture. On passe au roman, au scénario de court métrage. On essaye, on affine, on expulse pour délier tout ça, les doigts, les souvenirs, les rêves, les états d'âmes et tout le joyeux patatras de l'esprit.

On écoute.
On rencontre.
On prend note.
On construit. Pour avancer pas à pas, comme il faudra.

Les enregistrements seront terminés dans deux semaines et je serai bientôt sur scène pour vous présenter tout cela.

En attendant, c'est mon amie SWANN qui sort son album aujourd'hui dans les bacs. Nous nous sommes rencontrés il y a quatre ans de cela, dans les coulisses d'un Globo qui organisait des soirées folk, alors. Cet album, Neverending, est formidablement réussi, avec des échos subtils, épars, de Catpower, oui, des Velvet, et de country mélancolique. Je vous le recommande hautement - tout comme son passage au Café de la Danse, dans quinze jours, avec ce bon Tom McRae.

Et quelques vidéos, pour finir, de ce qu'on écoute, invariablement, au fond de nos casques entêtés. Au loin, ma soupe à l'oignon déborde de son feu.









vendredi 17 août 2012

Réitérer. Changer. Lover. Lover un ennui quelconque, lover l'arbitre, l'ennemi. Lover le monde, ce cordage immense où s'épanchent les choses. Réitérer l'aventure, le nouveau, l'ailleurs - ou le néant pourquoi pas, le partout, l'efficace, le chez-soi simpliste. Réitérer la soif, l'etrangeté, réitérer le quoi, la couverture intense qui me glace les reins, celle d'un ruisseau, d'une femme assermentée qui jadis entonna ce déclin.

jeudi 16 août 2012

L'Amérique #2


Descendre vers le sud. Premier drapeau confédéré près de Cleveland, South Carolina. Rien depuis. Dry counties ? On les traverse sans les voir. Sauf l'autre soir, à Lavonia, GA.

Nous nous sommes baignés au lac Jocassee, SC, puis au Lurleen Lake, dans l'Alabama. Nous sommes dans l'Alabama.

Nous quittons l'Alabama. Nous quittons Tuscaloosa, college town feutrée aux températures excessives - aux fraternities un peu trop bruyantes dans les bars. Saloperie de fraternities.

On quitte Tuscaloosa, que Van Zandt nous indiquait, pour la frontière avec le Mississippi. Ce soir, on couche à New Orleans.




mardi 14 août 2012

L'Amérique





Jeudi dernier - envol pour Chicago. Vendredi, samedi, dimanche. Chicago, Louisville, Asheville. Lundi soir, hier, un dry county pesant du nord de la Géorgie. On y rigole tout ce qu'on peut, en avalant du catfish pané. La route est longue, pour New Orleans, la distance et la chaleur. Mais les mines sont ouvertes, réjouies, les sourires sont francs, et l'équilibre retrouvé de nos vies en quête d'émerveillements sans cesse renouvelés. 

Quoi de mieux qu'un dry county pesant du nord de la Géorgie pour accomplir un bout de ce bonheur absolu, qui fait avancer la vie et la Chevy le long des grandes routes d'Amérique. Quoi de mieux. 


mercredi 1 août 2012

Les bords de l'Yonne


samedi 7 juillet 2012

Poème de nuit



Alors que filent au loin les écueils des lectures du jour
Et que me viennent en tête les images des craintes d'antan
Un bruit sort dans le noir
Qui agite mes peines, ravive leur pourtour
C'est la ligne du vouloir
Qui s'écrase un peu blême, sur l'écho lent du temps

dimanche 1 juillet 2012



Silences occasionnés par des débris de roses, ces roses-là qui tombent sur ton cœur, ton cœur encore battant, espérant, et qui repense aux lignes de jadis avec une force un peu déchue - celle-là même qui laisse couler de nouveau ces larmes lourdes sur tes lèvres.

Il est dimanche et je me souviens de quelques sourires sensés - et ce désir de toi, et l'émotion qui vient à l'évocation de Lubbock, d'un Texas lointain.